Renata Bosco | Cabinet de santé sexuelle, amoureuse & affective | Sexologue à Orbe

Sexualité : ce que beaucoup vivent sans jamais oser en parler

Désir, blocages, douleurs, plaisir : sortir du silence autour de la sexualité

La sexualité reste entourée de tabous. Désir, douleurs, plaisir, blocages : mettre des mots et comprendre peut déjà soulager.

sujet tabou- Se taire sur la sexualité

La sexualité, un sujet encore largement tabou

On parle beaucoup de sexualité aujourd’hui.
Dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les conversations entre amis.

Mais lorsqu’il s’agit de sa propre sexualité – celle que l’on vit dans son corps, dans son intimité, dans le couple ou seul·e – le silence reste très présent.
Beaucoup hésitent à parler de ce qu’ils et elles vivent, par peur d’être jugé·e, mal compris·e ou de ne pas être « dans la norme ».

Quelle que soit son histoire, son corps, son orientation, son genre ou la manière dont on se définit, beaucoup se reconnaissent dans ces vécus sans toujours oser en parler.

Pourtant, ces difficultés sont loin d’être marginales.
En Suisse, environ un jeune homme sur trois déclare souffrir d’au moins un trouble sexuel, comme une baisse d’érection ou une éjaculation prématurée.
Plus largement, les études européennes montrent que les difficultés sexuelles concernent une part importante de la population adulte, à différents moments de la vie.

Mettre des mots et comprendre peut déjà soulager.

Ce que l’on tait le plus souvent

Il ne s’agit pas seulement de « grands problèmes ».

Ce sont souvent des expériences ordinaires, mais profondément déstabilisantes :

  • ne plus avoir envie sans comprendre pourquoi,
  • ressentir de la douleur lors de la pénétration,
  • ne pas parvenir à ressentir de plaisir,
  • se forcer « pour faire plaisir »,
  • avoir l’impression que son corps ne suit plus,
  • vivre une difficulté d’érection ou de performance sans oser en parler,
  • se demander si quelque chose « ne va pas ».

Ces vécus sont rarement exprimés tels quels.
Ils sont souvent minimisés et vécus dans une profonde solitude.

Comprendre plutôt que se juger

Dans notre imaginaire collectif, la sexualité devrait être fluide, spontanée, épanouissante.
Quand ce n’est pas le cas, beaucoup en concluent trop vite qu’il y a un problème personnel, une défaillance, voire une anomalie.

Or, une difficulté sexuelle n’est pas un échec.
Cela ne signifie ni un dysfonctionnement, ni un manque de désir « normal », ni un problème irréversible, mais souvent un ajustement nécessaire à un changement en cours – dans le corps, dans les émotions, dans la relation ou dans la vie.

La sexualité n’est pas seulement une question de pratiques ou de techniques.
Elle est profondément liée au corps, aux émotions, à l’histoire personnelle et à la relation à l’autre.

Ce qui se joue vraiment derrière les difficultés sexuelles

Derrière un symptôme sexuel, on retrouve très souvent :

  • un besoin central : sécurité, respect du rythme, confiance dans le corps,
  • une émotion dominante : honte, peur, tristesse, fatigue émotionnelle,
  • une confusion fréquente :
    « Je crois que le problème est sexuel… alors qu’il est souvent émotionnel, corporel ou relationnel. »

La sexualité n’est jamais isolée.
Elle est intimement liée au fonctionnement du corps, au système nerveux, au vécu émotionnel et au contexte de vie.

Ce qui aggrave le silence

Certaines réactions, pourtant compréhensibles, renforcent la difficulté :

  • se comparer aux autres,
  • vouloir « faire comme il faut »,
  • se forcer malgré l’inconfort,
  • éviter toute discussion par peur de blesser ou d’être rejeté·e,
  • attendre que « ça passe tout seul ».

Plus on se tait, plus le malaise s’installe.
Et plus le corps, lui, continue de parler.

Ce qui peut aider

Parfois, ce qui aide, ce n’est pas de « faire plus », mais de faire autrement.

Chez certaines personnes, on observe que :

  • comprendre ce qui se joue dans le corps apaise déjà beaucoup,
  • remettre de la sécurité là où il y a eu de la pression change le vécu sexuel,
  • ralentir, écouter les sensations, respecter ses limites ouvre un autre rapport au plaisir,
  • mettre des mots sur ce qui est confus diminue la honte.

Les approches corporelles, émotionnelles ou cognitives permettent souvent de réconcilier le corps et l’intime, sans forcer, sans brusquer.

Parler de sa sexualité, ce n’est pas exagérer

Beaucoup hésitent à consulter parce qu’ils pensent que leur difficulté n’est « pas assez grave ».
Mais la gravité ne se mesure pas à un diagnostic : elle se mesure à la souffrance vécue.

Parler de sexualité avec un·e professionnel·le, ce n’est pas chercher une solution miracle.
C’est créer un espace où l’on peut enfin dire ce qui se vit, sans devoir se justifier.

Ouvrir un espace, plutôt que résoudre un problème

Parler de sexualité, ici, ce n’est pas chercher à correspondre à un modèle ou à une norme.
C’est tenter de comprendre comment chacun·e compose, à sa manière, avec le désir, le plaisir, les limites et les blocages.

Ce blog est né de ce constat simple :

  • beaucoup de personnes vivent des choses importantes dans leur sexualité sans jamais oser en parler.

Il ne s’agit pas de normaliser à tout prix, ni de prescrire des comportements.
Il s’agit de comprendre, de mettre du sens, et d’ouvrir des chemins possibles.

Et si ce que vous traversez n’était pas un problème à régler seul·e,
mais une expérience humaine qui mérite d’être entendue ?

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